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Schwarzkopf : la marque en détail

Fondée en 1898 par un pharmacien berlinois, Schwarzkopf a la particularité d'exister à la fois dans les salons de coiffure et dans les rayons de supermarché — une double vie que peu de marques capillaires peuvent revendiquer. Voici son histoire vérifiée.

En bref

Schwarzkopf, fondée en 1898 à Berlin par le pharmacien Hans Schwarzkopf, appartient au groupe allemand Henkel depuis 1995. Sa particularité : elle existe à la fois en salon de coiffure (Schwarzkopf Professional) et en grande distribution (Live, Taft, got2b), une double présence qui lui donne une crédibilité technique rare pour une marque de supermarché.

Notre lecture de la marque

CritèreNotePourquoi
Crédibilité technique4,7/5Seule marque grand public avec une vraie ligne salon (Igora)
Largeur de gamme4,5/5Coloration, soin, coiffage, en grand public ET professionnel
Ancienneté4,9/5Plus de 125 ans d'histoire, l'une des plus anciennes du secteur
Part de marché France (coloration)3,0/5Loin derrière L'Oréal Paris et Garnier, challenger n°2

Un pharmacien berlinois et un jeu de mots devenu marque

Hans Schwarzkopf, chimiste et pharmacien allemand, ouvre en 1898 une boutique de teintures, produits pharmaceutiques et parfums à Berlin-Charlottenburg. En 1903-1904, il lance la première poudre de shampoing du marché allemand, baptisée avec un clin d'œil à son propre nom (Schwarzkopf signifie littéralement "tête noire" en allemand) — un succès commercial immédiat en Allemagne, aux Pays-Bas et en Russie.

Martha Schwarzkopf, une pionnière méconnue

À la mort de Hans Schwarzkopf en 1921, c'est sa femme Martha Schwarzkopf qui prend la direction de l'entreprise — elle devient l'une des toutes premières femmes dirigeantes d'entreprise en Allemagne, seulement deux ans après l'obtention du droit de vote des femmes dans le pays. C'est elle qui lance le premier shampoing liquide d'Europe et fonde, en 1927, le centre de recherche capillaire du groupe. Un fait largement absent de la communication actuelle de la marque, mais bien documenté.

Une entreprise familiale devenue filiale Henkel

Schwarzkopf reste une entreprise familiale indépendante pendant près d'un siècle, avant d'être rachetée en 1995 par le géant allemand de la chimie et des biens de consommation Henkel, qui l'intègre à sa division Beauty Care. Got2b, marque américaine de coiffage rachetée par Schwarzkopf en 2004, rejoint le groupe à cette occasion.

Une double vie unique : salon ET supermarché

C'est la vraie particularité de Schwarzkopf face à ses concurrents : la marque existe simultanément en grande distribution (Live pour la coloration fantaisie, Palette et Color Ultime pour la coloration classique, Gliss pour le soin, Taft et got2b pour le coiffage) ET en circuit professionnel salon sous le nom "Schwarzkopf Professional" (Igora Royal et BlondMe pour la coloration, Bonacure/BC pour le soin, OSiS+ pour le coiffage). Peu de marques grand public peuvent revendiquer une ligne professionnelle aussi reconnue des coiffeurs — c'est ce qui donne à Schwarzkopf une légitimité technique que Garnier, par exemple, n'a pas dans l'esprit du consommateur, alors même que les deux jouent sur le segment grand public.

Face à L'Oréal et Garnier, le challenger n°2

Sur le marché français de la coloration, L'Oréal Paris et Garnier (deux marques du même groupe L'Oréal) captent à eux seuls plus de 80 % du chiffre d'affaires du secteur. Schwarzkopf/Henkel reste le challenger n°2, loin derrière, avec une part de marché estimée autour de 10 à 15 % selon les segments. Une position de numéro deux confortable mais qui illustre la force d'écrasement du duo L'Oréal Paris/Garnier sur ce marché en France.

Toute la galaxie Schwarzkopf en grande surface

Derrière ce seul nom se cache en réalité une petite constellation de gammes, rangées par usage. Pour le soin, c'est Gliss qui porte le drapeau. Pour la couleur maison, la marque aligne plusieurs familles selon la texture recherchée et l'envie du moment. Pour le coiffage, Taft règne sur la laque et les cires. Le tableau ci-dessous remet un peu d'ordre dans cet ensemble.

GammeRayonCe qu'elle règle
GlissSoinRéparer des cheveux abîmés, colorés ou cassants
Oléo SuprêmeColorationColorer sans ammoniaque, porté par des huiles
Perfect MousseColorationUne teinture en mousse qui ne coule pas
BrillanceColorationDes reflets intenses et lumineux
Nordic BlondeColorationÉclaircir la chevelure vers le blond
Men PerfectColorationEstomper les cheveux blancs des hommes en quelques minutes
TaftCoiffageFixer la coiffure et la faire tenir

Taft, la laque qui a inventé un mot

Lancée en 1955, Taft fut la toute première laque coiffante commercialisée sur le marché européen. Le produit a rencontré un tel succès outre-Rhin qu'un verbe en est né dans le langage courant, « taften », pour dire se donner du volume à coups de laque. Peu de produits capillaires peuvent se targuer d'avoir laissé leur empreinte jusque dans le parler populaire. Aujourd'hui, la ligne rassemble gels, cires, pâtes et poudres, et cohabite avec got2b, la petite sœur au ton plus jeune et plus décomplexé, taillée pour les coiffures créatives et les fixations extrêmes.

Gliss et la promesse de réparation

Gliss est le pilier soin de la maison depuis près de soixante-dix ans. Sa recette : des formules chargées en kératine, déclinées selon l'état réel du cheveu. Une ligne s'adresse aux cheveux très abîmés, une autre aux cheveux colorés à protéger, une autre encore aux longueurs assoiffées qui réclament de l'eau. C'est le rayon où la marque parle « réparation » au grand public, sur un créneau que lui disputent aussi Elseve ou Fructis dans les mêmes allées de supermarché. L'argument maison, c'est l'idée d'un soin de fond qui reconstruit la fibre plutôt que de simplement la lisser en surface.

Fibreplex, la réponse salon à Olaplex

Côté professionnel, la marque possède sa propre technologie de reconstruction des liaisons du cheveu : Fibreplex. Le principe est cousin de celui qui a rendu Olaplex célèbre — un booster que le coiffeur mélange à la décoloration ou à la couleur pour limiter la casse pendant le passage chimique, suivi d'un sceleur en finition pour consolider la fibre affaiblie. C'est la face experte de l'enseigne, celle qui se joue dans le fauteuil du salon et non dans la salle de bain familiale. Détail savoureux : depuis 2026, Olaplex et Fibreplex se retrouvent sous le même toit, celui du groupe Henkel.

Salon et supermarché : une marque à deux vitesses

Il faut avoir cette nuance en tête avant d'acheter. Les gammes de grande surface et les lignes de salon partagent un nom et un héritage de laboratoire, mais elles sont formulées, dosées et tarifées très différemment. Le shampoing pris au rayon du supermarché n'est pas le produit qu'un coloriste manipule derrière son comptoir, même si l'aura technique de la partie professionnelle rejaillit forcément sur l'ensemble. Cette double image est un atout marketing rare, à condition de ne pas confondre les deux mondes.

À qui cette marque parle vraiment

Elle vise juste pour qui colore ses cheveux à la maison en espérant un rendu crédible, pour les amateurs de coiffage en quête d'une tenue solide, et plus largement pour qui aime l'idée d'une marque que les coiffeurs emploient aussi en institut. Elle sera moins pertinente pour qui cherche des soins de cuir chevelu vendus en pharmacie, ou des formules minimalistes et franchement naturelles : ce n'est tout bonnement pas son terrain. On la déniche dans toutes les grandes surfaces et en ligne, à un tarif résolument grand public.

Son point fort en France : la couleur maison

S'il fallait retenir un rayon où l'enseigne brille particulièrement dans l'Hexagone, ce serait la coloration à domicile. C'est là qu'elle concentre le plus de gammes et d'innovations de texture — huile, mousse, crème — pour rendre le geste moins intimidant devant le miroir de la salle de bain. Pour qui hésite à franchir seul le pas de la couleur, c'est souvent une porte d'entrée rassurante, adossée à la réputation technique de la partie salon. Un conseil avant de choisir sa boîte : caler la texture sur son aisance, la mousse et l'huile pardonnant davantage les maladresses des débutants que la crème.

D'où viennent ces informations

Les faits historiques viennent du site officiel Schwarzkopf et de sources indépendantes croisées (encyclopédies, presse spécialisée sur le marché de la coloration en France). Beautye n'est pas affilié à Schwarzkopf et ne reçoit aucun produit gratuit de la marque — voir notre page méthode.

Questions fréquentes

Qui a fondé la marque Schwarzkopf ?
Hans Schwarzkopf, chimiste et pharmacien allemand, qui ouvre une boutique de teintures et parfums à Berlin en 1898, puis lance en 1903-1904 la première poudre de shampoing du marché allemand.
Schwarzkopf est-elle une marque de salon ou de supermarché ?
Les deux à la fois — c'est sa particularité. Live, Taft et got2b se trouvent en grande distribution, tandis qu'Igora Royal et OSiS+ sont vendues exclusivement en salon de coiffure sous "Schwarzkopf Professional".
À qui appartient Schwarzkopf aujourd'hui ?
Au groupe allemand Henkel, qui l'a rachetée en 1995 après près d'un siècle d'existence en tant qu'entreprise familiale indépendante.
Quelle est la part de marché de Schwarzkopf en France ?
Sur la coloration, elle est challenger n°2 loin derrière le duo L'Oréal Paris/Garnier (plus de 80% du marché à eux deux), avec une part estimée autour de 10 à 15% selon les segments.
Qui a dirigé Schwarzkopf après la mort de son fondateur ?
Sa femme, Martha Schwarzkopf, qui a pris la direction en 1921 et devient l'une des toutes premières femmes dirigeantes d'entreprise en Allemagne, lançant le premier shampoing liquide d'Europe.