Notre lecture de la marque
| Critère | Note | Pourquoi |
|---|---|---|
| Largeur de distribution | 4,6/5 | Parapharmacie ET grande distribution, rare pour ce segment |
| Accessibilité prix | 4,3/5 | Milieu de gamme, moins cher que ses cousines du groupe |
| Clarté du positionnement | 4,5/5 | "Une plante = une indication", simple et lisible depuis 1969 |
| Spécialisation capillaire | 3,8/5 | Gamme cheveux large mais pas la plus technique du groupe |
Un laboratoire parisien devenu marque botanique
Klorane n'a pas été fondée de toutes pièces par Pierre Fabre : la marque existait déjà comme petit laboratoire parisien fabriquant des savons avant que le pharmacien ne la rachète en 1965 pour diversifier son activité vers les plantes. C'est une nuance importante, à l'opposé de l'image parfois donnée dans la communication actuelle — Pierre Fabre est celui qui a transformé Klorane en marque de cosmétique botanique, pas son créateur originel. L'année et le fondateur exacts de ce laboratoire d'origine restent d'ailleurs introuvables avec certitude dans les sources disponibles.
Le principe fondateur : une plante, une indication
En 1966, un an après le rachat, sort le premier produit phare de la nouvelle marque : un shampoing à la camomille pour cheveux blonds. Mais c'est en 1969 que Pierre Fabre pose le vrai principe fondateur, encore appliqué aujourd'hui : "une plante = une indication". Chaque shampoing Klorane cible un besoin précis via une plante précise — la camomille pour les blonds, l'ortie pour les cheveux gras, la quinine pour la chute, l'edelweiss bio en complément fortifiant. Cette simplicité de lecture (un problème, une plante, un produit) est devenue la signature de la marque sur plus de 50 ans.
Une fondation dédiée à la protection des plantes
En 1994, le groupe crée l'Institut Klorane, devenu depuis la Fondation Klorane Botanical, dédiée à la protection du patrimoine végétal. Une démarche cohérente avec le positionnement de la marque, qui dépend directement de la disponibilité et de la qualité des plantes qu'elle utilise comme ingrédients actifs — contrairement à une marque de synthèse qui ne dépend pas d'un approvisionnement végétal.
René Furterer, la cousine plus premium
Klorane n'est pas seule dans le groupe Pierre Fabre côté cheveux : René Furterer, rachetée en 1978 (13 ans après Klorane), joue sur un registre différent — plus haut de gamme, plus orienté institut et salon de coiffure, avec des prix nettement supérieurs. Les deux marques cohabitent sans se cannibaliser : Klorane capte le quotidien accessible, René Furterer le soin plus expert et plus cher.
Une gamme large, du cheveu au bébé
Côté cheveux, Klorane couvre les shampoings routine ciblés par plante et besoin (camomille, ortie, quinine, edelweiss...) et les shampoings secs en poudre, un format sur lequel la marque a une antériorité historique reconnue même si la date exacte de lancement varie selon les sources (autour de 1967-1971). Au-delà du cheveu, la marque s'étend au visage (démaquillants, soins yeux sensibles au bleuet), au corps, et à une gamme bébé et enfant reconnue (Calendula, Cold Cream), qui contribue largement à sa notoriété grand public.
Une distribution qui la distingue de ses concurrentes pharmacie
Contrairement à Ducray, distribuée uniquement en pharmacie, Klorane se trouve à la fois en parapharmacie et en grande distribution (Leclerc et équivalents) — une largeur de distribution assez rare pour une marque au positionnement "expert botanique". Cette accessibilité, combinée à des prix mesurés pour de la parapharmacie — nettement sous Phyto ou René Furterer à format comparable —, explique en grande partie sa forte notoriété auprès du grand public, au-delà du public habituel de la pharmacie.
Les gammes cheveux vendues aujourd'hui
Le catalogue capillaire de la marque reste fidèle à sa logique d'origine : à chaque souci sa plante. Voici les lignes que l'on croise réellement en rayon, avec la plante mise en avant et le type de cheveu qu'elles visent.
| Ligne | Plante mise en avant | Cheveu visé |
|---|---|---|
| Croissance et antichute | Quinine | Cheveux qui tombent ou manquent de vigueur |
| Réparation | Cupuaçu bio | Cheveux très abîmés, secs, bouclés ou frisés |
| Antipelliculaire | Galanga | Pellicules sèches comme grasses |
| Purifiant | Ortie | Racines qui regraissent trop vite |
| Hydratation et brillance | Figuier de Barbarie | Cheveux ternes qui boivent l'eau |
| Nutrition | Mangue | Cheveux secs à nourrir |
| Volume | Lin bio | Cheveux plats et sans corps |
Deux lignes méritent un mot de plus. La réparation au cupuaçu se présente comme un « cica-shampoing » : elle cherche à régénérer la fibre et à freiner la casse, un vocabulaire directement emprunté aux soins cicatrisants de la peau. Côté hydratation, le figuier de Barbarie affiche une formule à 97 % d'ingrédients d'origine naturelle, avec des molécules décrites comme retenant l'eau mieux que la glycérine — la promesse étant de désaltérer la longueur sans jamais l'alourdir.
Le shampoing sec, la vraie spécialité maison
S'il existe un format sur lequel la marque a bâti une réputation solide, c'est bien le shampoing sec. Décliné à l'ortie pour les racines qui regraissent et au lin pour redonner du corps, il se trouve en version teintée — pensée pour les cheveux foncés, afin d'éviter le voile blanchâtre — comme en version classique. Le principe tient en une phrase : la poudre absorbe le sébum et rafraîchit la coiffure entre deux lavages. Résultat, on espace les shampoings, ce qui ménage les cheveux fragiles ou colorés. C'est souvent par ce petit produit que les clientes découvrent tout le reste du catalogue.
Face aux autres marques de parapharmacie
Sur les rayons cheveux de l'officine, la marque est loin d'être seule. Ducray et Vichy Dercos jouent une partition plus clinique, presque dermatologique, avec des actifs concentrés sur le cuir chevelu à problème. René Furterer et Phyto misent, elles, sur le soin expert et les rituels d'huiles. La botanique accessible, présente aussi bien en pharmacie qu'en grande surface, reste le territoire propre de Klorane : plus grand public que ses voisines, moins pointue aussi. C'est un positionnement, pas un défaut — mais mieux vaut le savoir avant de remplir son panier.
Pour qui c'est un bon choix, pour qui non
La marque conviendra à qui recherche des formules d'inspiration végétale, douces, faciles à dénicher et pensées besoin par besoin, sans y mettre le budget d'un institut. Elle sera moins indiquée face à une chute de cheveux marquée ou un cuir chevelu réellement abîmé, qui relèvent d'une approche plus médicale — du côté de Ducray ou de Vichy Dercos. Et pour qui vise la réparation technique d'un soin de salon, capable de reconstruire les ponts internes du cheveu, mieux vaut regarder vers Olaplex ou Kérastase. Bien cadrée, c'est une valeur sûre du quotidien, lisible et sans esbroufe.
Où la trouver et à quel niveau de gamme
On la croise un peu partout : en pharmacie et parapharmacie, dans les grandes surfaces, sur les sites de parapharmacie en ligne et chez les gros marchands du web. Côté budget, elle se loge dans un milieu de gamme raisonnable — au-dessus des shampoings premier prix de supermarché, mais nettement en dessous des soins de salon et des marques sœurs les plus expertes du groupe. C'est justement ce positionnement d'expert abordable qui explique qu'on la retrouve aussi bien dans la trousse d'une étudiante que dans la salle de bain d'une famille entière.
D'où viennent ces informations
Les faits historiques viennent du site officiel Klorane et des pages institutionnelles du groupe Pierre Fabre, croisés avec des sources indépendantes. Deux points restent volontairement flous faute de source fiable et concordante : l'année exacte de création du laboratoire parisien d'origine (avant 1965), et la date précise de lancement du premier shampoing sec Klorane (1967 selon certaines sources, 1971 selon le site suisse de la marque) — nous préférons le dire plutôt que de trancher au hasard. Beautye n'est pas affilié à Klorane et ne reçoit aucun produit gratuit de la marque — voir notre page méthode.