Marque · Cheveux

Phyto : la marque en détail

Avant de devenir une référence pharmacie du soin capillaire par les plantes, Phyto est née dans le garage d'un coiffeur, entre un pétrin de boulanger et une devise médicale : "d'abord ne pas nuire". Voici son histoire vérifiée.

En bref

Créée par le coiffeur Patrick Alès, qui présente la marque dès 1965 avant de fonder les Laboratoires Phytosolba en 1969, Phyto a bâti son positionnement sur le soin capillaire par les plantes, des décennies avant la vague "clean beauty". Vendue uniquement en pharmacie et parapharmacie, elle appartient aujourd'hui à Alès Groupe, détenu par la holding Impala.

Notre lecture de la marque

CritèreNotePourquoi
Antériorité positionnement botanique4,9/5Pionnière du soin par les plantes dès les années 1960
Distribution3,6/5Pharmacie/parapharmacie uniquement, jamais en supermarché
Largeur de gamme4,3/5Chute, réparation, coloration végétale, cheveux frisés...
Positionnement prix3,5/5Milieu-haut de gamme pour un circuit pharmacie

Un coiffeur des stars qui mélange des plantes dans son garage

Patrick Alès est coiffeur des stars — Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Jacqueline Kennedy Onassis passent entre ses mains. En observant que les produits capillaires agressifs de l'époque abîment aussi les mains de ses shampouineuses, il commence à mélanger des plantes dans son garage avec sa femme, dans un vieux pétrin de boulanger, guidé par la devise médicale "primum non nocere" (d'abord ne pas nuire). Fait peu connu : Alès avait déjà inventé la technique du "brushing" en 1964, trois ans avant de théoriser son concept de soin par les plantes.

De la présentation au public à la société

Alès présente Phyto au public dès 1965 et théorise le concept de "phytothérathrie" (le soin des cheveux par les plantes) en 1967, avant de fonder officiellement les Laboratoires Phytosolba en 1969 — trois dates qui se chevauchent selon les sources, mais qui dessinent toutes la même trajectoire : une marque née d'une pratique concrète avant de devenir une entreprise structurée.

Un passage méconnu sous influence L'Oréal

Fait vérifié et peu connu : L'Oréal, aujourd'hui propriétaire d'Elseve et donc indirectement concurrente de Phyto, a détenu 49 % du capital de la société mère de Phyto entre 1979 et 1995. Patrick Alès a dû racheter les parts de L'Oréal à l'issue d'un contentieux avant d'introduire son entreprise en Bourse en 1996 — un épisode qui montre à quel point les frontières entre marques "concurrentes" peuvent être poreuses dans l'industrie cosmétique.

Un groupe repris après redressement judiciaire

Après des difficultés financières, Alès Groupe (qui réunit Phyto, Lierac et Jowaé) est repris en septembre 2020 par Impala, la holding d'investissement de l'entrepreneur Jacques Veyrat, à l'issue d'un redressement judiciaire. Le groupe pèse aujourd'hui environ 200 millions d'euros de chiffre d'affaires, réalisé à environ 80 % à l'international, distribué exclusivement en pharmacies et parapharmacies — jamais en grande surface, contrairement à Elseve ou Pantene.

Une gamme structurée par problématique capillaire

La gamme actuelle couvre Phytocyane (anti-chute, versions femme et homme), Phytokeratine (réparation des cheveux abîmés ou cassants), Phytocolor (coloration permanente aux pigments végétaux), Phytojoba (hydratation des cheveux secs), Phytospecific (cheveux frisés, bouclés et texturés), et Phytopolleine, la lotion stimulante historique de la marque, l'une des plus anciennes de son catalogue.

Phytocyane, une synergie végétale contre la chute

Le soin le plus emblématique de la marque, Phytocyane, illustre parfaitement sa méthode : au lieu d'un actif unique, il orchestre une synergie de plantes. On y retrouve un extrait de ginkgo biloba, réputé pour soutenir la vitalité du cuir chevelu, de l'écorce de viorne (viburnum), des procyanidols issus des pépins de raisin, des acides aminés soufrés, des protéines de soie et des vitamines B5 et B6 qui apportent force et éclat à la fibre. L'ensemble se présente comme un traitement fortifiant et stimulateur, décliné en versions distinctes pour la femme et pour l'homme. Cette approche « bouquet de végétaux » est la signature de Phyto depuis ses débuts : additionner des extraits complémentaires plutôt que parier sur une seule molécule vedette, avec l'idée qu'une chevelure fatiguée réagit mieux à plusieurs leviers doux qu'à un seul actif agressif.

Phytopolléine, l'ancêtre toujours au catalogue

Parmi les toutes premières créations de la maison, cette lotion occupe une place à part et se vend encore. Il s'agit d'un concentré d'huiles essentielles à appliquer avant le shampooing, en soin hebdomadaire : on le masse sur le cuir chevelu pour préparer le terrain, stimuler et rééquilibrer, avant de laver. Ce geste d'avant-shampooing, longtemps resté confidentiel, épouse exactement la philosophie du fondateur, pour qui la santé du cheveu commence à la racine et au cuir chevelu. Voir un produit des origines traverser toutes les modes en dit long sur la constance de la marque.

Quand la chute s'installe : Phytonovathrix

Toutes les pertes de cheveux ne se ressemblent pas, et Phyto distingue nettement la chute passagère de la chute durable. Phytonovathrix vise précisément les chutes chroniques, celles qui se prolongent au-delà de six mois. Le programme prend la forme d'une cure, avec un conditionnement pensé pour couvrir environ un mois d'utilisation, dans une logique de traitement suivi plutôt que de geste isolé. Faire cette distinction avant d'acheter évite l'erreur classique qui consiste à traiter une chute installée avec un simple shampooing tonifiant — ou, à l'inverse, à sortir l'artillerie pour une chute de saison.

Une plante pour chaque besoin

BesoinLigne PhytoIngrédient ou geste clé
Chute de cheveuxPhytocyaneGinkgo et procyanidols de raisin
Cheveux abîmésPhytokératineComplexe réparateur
ColorationPhytocolorPigments d'origine végétale
Cheveux secsPhytojobaJojoba hydratant
Cheveux texturésPhytospecificSoin des boucles
Rituel avant-shampooingPhytopolléineHuiles essentielles

« Phyto » ne veut pas dire « bio »

Voilà le contresens le plus répandu au sujet de la marque. Miser sur les plantes ne revient pas à être certifié biologique : Phyto revendique une forte présence d'ingrédients d'origine végétale, mais cela ne se confond ni avec un label bio, ni avec une composition intégralement naturelle. La marque a bâti sa réputation des décennies avant la vague actuelle de la « clean beauty », à une époque où parler de plantes dans le soin capillaire relevait presque de la marginalité. Aujourd'hui, l'acheteur attentif gagne à parcourir la liste des ingrédients plutôt qu'à se fier au seul préfixe « phyto », qui raconte une intention bien plus qu'une certification vérifiable.

Pionnière hier, très entourée aujourd'hui

La grande force de Phyto demeure son antériorité et sa constance : un demi-siècle de recherche sur les actifs végétaux, un héritage de coiffeur qui irrigue encore les formules, et un ancrage pharmacie qui la tient à l'écart de la guerre des prix des supermarchés. Son revers découle de cette longévité même : le terrain de la naturalité, qu'elle a défriché presque seule, est désormais saturé de concurrentes, des maisons de salon aux jeunes labels « propres ». Se démarquer suppose donc de rappeler sans relâche ce qui la sépare des suiveuses — l'ancienneté de son savoir-faire et la densité de ses synergies de plantes — plutôt que de brandir un argument « naturel » devenu monnaie courante.

Où l'acheter et pour qui

Phyto se déniche uniquement en pharmacie, en parapharmacie et sur les sites de parapharmacie en ligne, jamais en grande surface, à la différence des marques capillaires de grande consommation. Elle s'adresse en priorité à qui veut soigner ses cheveux avec une approche végétale sérieuse sans basculer dans le luxe de salon, et à qui aime les rituels, du concentré d'avant-shampooing à la cure ciblée. Elle séduira moins qui recherche l'entrée de gamme la moins chère possible ou une coloration ultra-couvrante d'inspiration chimique. Pour un premier pas, mieux vaut viser une seule ligne correspondant à son besoin réel plutôt que d'empiler les flacons dès le départ.

D'où viennent ces informations

Les faits historiques viennent des pages officielles Phyto et de sources indépendantes croisées, dont les pages institutionnelles d'Alès Groupe et d'Impala. Beautye n'est pas affilié à Phyto et ne reçoit aucun produit gratuit de la marque — voir notre page méthode.

Questions fréquentes

Qui a fondé Phyto ?
Patrick Alès, coiffeur des stars, qui a inventé la technique du brushing en 1964 avant de présenter Phyto au public dès 1965, puis de fonder officiellement les Laboratoires Phytosolba en 1969.
L'Oréal a-t-elle un lien avec Phyto ?
Oui, historiquement : L'Oréal a détenu 49% du capital de la société mère de Phyto entre 1979 et 1995, avant que Patrick Alès ne rachète ces parts à l'issue d'un contentieux.
Où peut-on acheter des produits Phyto ?
Uniquement en pharmacie et parapharmacie, jamais en grande surface — un positionnement constant depuis la création de la marque.
À qui appartient Phyto aujourd'hui ?
À Alès Groupe (qui réunit aussi Lierac et Jowaé), détenu depuis septembre 2020 par Impala, la holding d'investissement de Jacques Veyrat, suite à un redressement judiciaire.
Quel est le produit historique le plus ancien de Phyto ?
Phytopolleine, une lotion stimulante qui fait partie des tout premiers produits de la marque, encore commercialisée aujourd'hui.